Une directive de l’Union Européenne de 2009 sur le respect de la vie privée va contraindre l’utilisation des cookies par les éditeurs de site web. Alors que sa mise en application approche, les acteurs de l’internet réitèrent leur scepticisme.
La directive européenne adoptée en 2009 dans le cadre du « paquet télécom » qui devrait entrer en application à partir du 25 mai, exige que le tracking des internautes au moyen de fichiers dits « cookies » se fasse avec le consentement des internautes. Pour cela, la directive suggère de basculer au système « opt-in » où l’internaute doit explicitement donner son accord à l’activation du fichier cookie.
Mais si l’intention du législateur de sensibiliser et protéger les internautes est louable, elle se heurte (comme souvent) à la réalité. Ce qui a le don d’énerver passablement les observateurs comme Mike Butcher, rédacteur de TechCrunch Europe [en] :
Cela se traduit par des avertissements qui irriteront les visiteurs de sites hébergés en Europe, tandis que les startups US seront libres de continuer comme elles le font actuellement. C’est pratique, hein ? (…)
La nouvelle directive européenne est censée protéger la vie privée, mais elle opère dans une bulle. Cela fait des années que le contrôle de la confidentialité existe dans les navigateurs web. Il y a même des navigateurs spécifiques pour cela. Mais les internautes les ont toujours ignorés et continuent d’utiliser les cookies avec joie, car nombreux sont ceux qui pensent que cela améliore leur navigation.
De leurs cotés, les publicitaires dénoncent tout simplement une mauvaise compréhension du rôle des cookies et craignent que ces contraintes ne favorisent que les gros acteurs : Google, Facebook…
Le gouvernement français a annoncé en février dernier son intention de faire appliquer la directive, tout en faisant une distinction entre les cookies purement publicitaires et les cookies de connexion (permettant aux utilisateurs de ne pas avoir à se ré-identifier à chaque fois). Ouf…
Rappelons à cet égard que la retranscription de la directive européenne se fera, en France, par voie d’ordonnance conformément à la décision du gouvernement en septembre dernier et confirmée par les députés en janvier. Une manière pour le gouvernement d’esquiver tout débat parlementaire.