Mixité sociale et carte scolaire assouplie: mission impossible

par Claire Berthelemy Le février 16, 2011

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À propos de l'auteur

Après quatre ans de journalisme médias internet, papier et radio, j'ai débarqué dans la soucoupe. Dans mes valises : un brin d'études de médecine, une licence de sociologie et d'anthropologie à Paris 7 Diderot et un master Pratique de l'Inter-Disciplinarité à l'ENS Paris.


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Le ministère de l’éducation nationale, MEN pour les initiés, s’est décidé à demander une enquête sur les effets de l’assouplissement de la carte scolaire sur la mixité sociale. Les résultats sont tombés dans la revue Educations et Formations de décembre dernier: l’ouverture de la carte scolaire n’est pas bénéfique pour la mixité sociale.

Alors que l’ascenseur social est en panne, voilà que la mixité le serait aussi? Rien d’anormal dans une société pour le moins libérale en même temps qu’inégalitaire, surtout à l’école… et bien sûr ceci n’est pas nouveau. Et pourquoi dépenser un pourcentage de budget déjà bien maigre pour commander une étude dont les chercheurs en sciences sociales connaissent déjà les résultats? La seule nouveauté tient en une prise de conscience des effets de cet assouplissement: heureusement le ministère en conclut qu’il faut “renforcer l’égalité des chances en informant les familles les moins favorisées“.

Les critères de dérogations ayant été revus, on y a intégré notamment les notions d’ouverture de droit à la bourse scolaire, un handicap, un frère ou une soeur dans un autre établissement, un parcours scolaire particulier (comme demander une classe bilingue ou russe première langue…) et d’autres cases à cocher pour les demandes, à effectuer au cours de l’année de CM2. Mais le résultat de l’étude indique surtout que “la mixité sociale ne semble pour le moment pas renforcée […] et l’ouverture de la carte a provoqué l’évitement d’un certain nombre de collèges“. Sans blague?

La réforme à terme vise à la suppression de la sectorisation. Quand on sait que certains parents n’hésitent pas à falsifier leur adresse pour que leur enfant soit scolarisé dans un bon établissement, les logiques d’une absence de sectorisation amènent à créer des écoles d’élites économiquement aisées et des écoles ghettoïsées. Le contournement de la carte scolaire déjà existant, légitimé par les critères de demande de dérogation, montre ses failles.

L’exemple de l’Angleterre est là pour nous le montrer: depuis 1980, tout parent peut avoir la liberté d’inscrire son enfant dans n’importe quelle école. Dans les faits, la seule conclusion qui en sort est une excellence académique et une hiérarchisation des écoles au détriment … des élèves les moins favorisés.

Il aurait été pertinent de jeter un œil aux systèmes de nos voisins européens et de s’inspirer de leurs observations…

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