Journaliste politique engagé et un brin utopiste, j'ai couvert la campagne présidentielle pour Marianne2.fr avant de m'ouvrir à l'économie. Enquêteur augmenté sur OWNI depuis septembre 2010, je cherche la petite bête dans les domaines de l'énergie, de l'écologie et des partis politiques.
33,7% d’énergie « propres » à la Réunion en 2011, c’est bien. 100%, c’est un bel objectif, mais c’est pas gagné ! Mis en avant une décennie durant par l’ancien président communiste de cette région d’outre-mer, Paul Vergès, la conversion totale de l’île aux énergies renouvelables souffre des décisions prises en métropole..
Totalement alimentée par l’énergie hydraulique il y a 30 ans, la Réunion a aujourd’hui exploité toutes les ressources. Pour compléter sa panoplie, elle mise désormais sur la bagasse (sous-produit de la canne à sucre) et autres produits agricoles pour alimenter des centrales à biomasse. Pour les nouveaux projets, la DCNS et GDF Suez planchent sur la production d’électricité à partir des différentiels de température entre eaux profondes et eaux de surface ou l’alimentation des circuits de climatisation par la mer.
Quant à l’horizon du photovoltaïque, qui représentait le plus grand espoir du secteur, il s’est violemment assombri. Frappé par la révision des avantages fiscaux et des prix du kWh décidées récemment, le réseau de 90 MW devrait être enrichi de 50MW supplémentaire en 2011 mais sans projet au delà. Une révision des ambitions d’autant plus regrettable qu’avec 110000 chauffes-eau solaires (soit 15 fois plus que dans tout le reste du pays) et de nouvelles pistes de fermes photovoltaïques permettant la cohabitation de l’agriculture et de l’énergie solaire, la Réunion traçait la voie d’une filière française novatrice. Reste à savoir si c’est le genre d’innovation qu’ambitionne le ministère de l’énergie.
Source : Les Echos.