En charge du pôle datajournalisme chez OWNI, je travaille avec les designers, les developpeurs et les journalistes pour produire des applications de journalisme augmenté de données et de code, mettre en place des actions de crowdsourcing et des serious games.
Le 5 janvier, OWNI a publié la carte des futures caméras de vidéosurveillance à Paris. Avec cette carte, les Parisiens peuvent commencer à surveiller les surveillants en quelques clics. Sans ce travail, il aurait fallu aller dépouiller les fichiers de la préfécture et la vision serait restée morcellée, arrondissement par arrondissement. Les citoyens savent désormais où se placeront les milles yeux de Big Brother.
Malheureusement, le travail de géolocalisation des caméras est inachevé. Le taux d’emplacements localisés avec précision atteint les 90%, mais il reste une poignée de caméras que nos scripts n’ont pu localiser, et de nombreuses autres pour lesquelles la localisation est douteuse.
Vous pouvez contribuer au travail citoyen de localisation des emplacements des caméras sur ce Google Doc: https://spreadsheets0.google.com/ccc?key=tX9hB1k74M4c01nFd95Ghsw&authkey=CL7X-ZIB&hl=en&authkey=CL7X-ZIB#gid=3
Les adresses géolocalisées avec peu de précision apparaissent en orange. Pour les valider ou les corriger, vous pouvez utliliser un service de géolocalisation comme iTouchMap. Identifiez le lieu où la police va installer une caméra, cliquez sur l’endroit correspondant sur iTouchMap et reportez les coordonnées latitude/longitude dans le Google Doc.
Suite à l’article du Parisien sur la liste des caméras, OWNI s’est procuré le fichier pdf reprenant l’arrêté préfectoral. Grâce à un logiciel de reconnaissance de caractères (OCR), le pdf a été converti en un fichier tableur.
Le fichier source mélangeait néanmoins du texte avec des tableaux. Pour le nettoyer, une macro a été nécessaire. Sans cela, il aurait fallu séparer à la main les lignes contenant les adresses de celles ne contenant que du texte inutile ici, du type “Vu la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995 d’orientation et de programmation relative à la sécurité modifiée, et en particulier sesarticles 10 et 10-1 ;” etc. Sur un total de plus de 15 000 lignes, la tâche était titanesque.
Nous disposions alors d’un fichier structuré comprenant le numéro des caméras et leur emplacement. Seul problème: les emplacements n’étaient pas des adresses, mais des croisements de rue. Or la plupart des outils de cartographie ne sont pas en mesure de comprendre un lieu comme “angle des rue de Rivoli et de la rue du Renard“. Un seul, Bing, en est capable. Nous avons ainsi codé un court script transformant les emplacements des caméras en coordonnées latitude/longitude grâce à l’API de Bing Maps, afin de pouvoir les placer sur la carte.
Mais voilà, aucun script n’est parfait. Le nôtre n’a atteint un taux de succès que de 90% environ. 700 caméras ont été localisées avec une précision de 100%, 300 avec une précision de 60% et 17 n’ont pas pu être localisées. En effet, peu d’ordinateurs sont capables de comprendre où se trouve “l’immeuble Mexico de la dalle des Olympiades”, dans le 13e arrondissement, où une caméra va pourtant être installée.
Voilà pourquoi nous vous demandons votre aide. Si nous sommes 300 à valider une caméra – ce qui ne prend que quelques secondes – nous obtiendrons une liste précise des emplacements. Une étape importante dans la surveillance des surveillants.