Journaliste politique engagé et un brin utopiste, j'ai couvert la campagne présidentielle pour Marianne2.fr avant de m'ouvrir à l'économie. Enquêteur augmenté sur OWNI depuis septembre 2010, je cherche la petite bête dans les domaines de l'énergie, de l'écologie et des partis politiques.
12 stades climatisés, un métro neuf, un budget estimé à 50 milliards de dollars, Doha refaçonné… Pris d’une soudaine passion pour le football, le Qatar n’a pas lésiné sur les moyens pour obtenir de la FIFA l’organisation de la Coupe du Monde 2022. Derrière la volonté d’élargir la planète football au monde arabe, selon les mots du président de la fédé internationale, Sepp Blatter. Quelques recherches prouvent que l’extension concerne plus la sphère financière que la passion du jeu.
Après Zinedine Zidane, suspecté d’avoir touché 11 millions d’euros pour parrainé cette candidature baroque, c’est désormais Yann Artus-Bertrand qui est la cible des critiques, notamment des militants écologistes : convoqué pour vanter les mérites du Qatar, le documentariste a été balancé par ses collègues de Stade 2 (le reportage est visible sur le blog de la conseillère régionale PG Corinne Morel-Darleux), lesquels ont souligné lors d’un reportage sur le nouvel émirat du football, que le film Home avait bénéficié de généreuses donation en « gazodollars ». En 2004, comme le rappelle Régis Soubrouillard de Marianne2.fr, YAB avait déjà shooté les installations d’hydrocarbures sur invitation de la Qatar Fondation. Son soutien renouvelé à une initiative qui prévoit la climatisation à 27°C de stades aux dimensions cyclopéennes dans un désert où le vent souffle 50°C de température laisse dubitatif quant au fond de ses valeurs écologistes. Pour compléter le tableau, un versement de plus de 78 millions de dollars aurait, selon le Wall Street Journal, par ailleurs acheté les faveurs de la fédération argentine de football…
Quelques mois après la crise de Dubaï, une nouvelle fièvre immobilière va donc saisir Doha, entretenue par des armées de travailleurs indiens et pakistanais payés 200 dollars par mois… Une chose reste sûr : en choisissant le Qatar, la Fifa mise sur la stabilité puisque, comme nous le rappelle le blog d’ecoSapiens, les partis politiques y sont interdits !