La désinformation plus puissante que la vérité ?

par Astrid Girardeau Le juillet 11, 2010

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Dans The Boston Globe, Joe Keohane aborde le pouvoir de la désinformation ou de la mauvaise information. S’appuyant sur diverses études, il montre que mis devant les faits réels, beaucoup de gens ne changent pas d’opinion. Et au contraire, que cela peut les renforcer dans leurs convictions. Extrait :

Les faits n’ont pas nécessairement le pouvoir de changer notre esprit. En fait, c’est plutôt le contraire. Dans une série d’études menées en 2005 et 2006, des chercheurs de l’Université du Michigan ont constaté que lorsque des gens mal-informés, notamment des partisans politiques, étaient exposés à des faits corrigés, ils changeaient rarement d’avis. En fait, ils sont souvent devenus encore plus fortement ancrés dans leurs convictions. Les faits, ont-ils trouvé, ne guérissent pas de la désinformation. Comme un antibiotique de faible puissance, ils pourraient en fait rendre la désinformation encore plus forte.

La plupart d’entre nous aiment à croire que nos opinions ont été formées au fil du temps, via un examen attentif et rationnel de faits et d’idées, et que les décisions basées sur ces opinions résonnent, par conséquent, solidité et intelligence. En réalité, on base souvent nos opinions sur nos croyances (…) Elles peuvent nous faire tordre les faits pour qu’ils correspondent mieux à nos idées préconçues. Pire que tout, elles peuvent nous conduire à accepter sans critique de la mauvaise information simplement parce qu’elle renforce nos convictions. Ce renforcement nous rend plus confiants sur le fait qu’on a raison, et encore moins enclins à écouter toute nouvelle information. Et puis on vote.

A lire sur : How facts backfire (The Boston Globe)

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