Hier, Stephen Conroy, le ministre australien des Communications et de l’Economie numérique, a annoncé de nouvelles mesures à son projet très controversé de blocage obligatoire d’une liste noire d’url par les fournisseurs d’accès à Internet (FAI). Ainsi que son report d’un an. Une façon pour le gouvernement de se sortir de ce sujet “toxique” avant les élections fédérales qui devraient avoir lieu prochainement, commente ABC.
Selon ce plan, poussé depuis 2007 par le gouvernement travailliste au pouvoir, les FAI doivent bloquer une liste de contenus classés Refused Classification (RC) compilée et maintenue par une autorité gouvernementale, l’ACMA (Australian Communications and Media Authority). L’objectif annoncé est d’empêcher les enfants de tomber sur des contenus «dangereux et inappropriés». Mais d’autres types de contenus sont envisagés. «Les tests pilote filtreront les contenus interdits sur Internet de la liste noire d’ACMA, essentiellement de la pédo-pornographie, mais aussi d’autres contenus indésirables» expliquait Conroy en novembre 2008.
Hier, le gouvernement fédéral a indiqué qu’un examen de la classification RC serait conduit, suite à l’inquiétude de certains quand à la catégorie de contenus qui y seraient inclus. Selon le projet, la RC concerne tout ce qui pour objet «des abus sexuel impliquant des enfants, la brutalité, la violence sexuelle, y compris le viol, et des indications détaillées concernant la criminalité ou des drogues et l’incitation à des actes terroristes». Mais, souligne ABC, “en réalité, il n’existe pas du tout de définition claire de la RC”.
Depuis deux ans, ce plan est vivement critiqué dans le monde entier. En Australie, politiques, organisations, médias et l’opinion publique contestent une “censure” via entre autres des mouvements, pétitions et manifestations. “Le public doit avoir confiance dans le fait que les url de la liste, et la procédure par laquelle ils y arrivent, est indépendante, rigoureuse, libre de toute ingérence ou influence” a indiqué hier Conroy. Avant d’annoncer une série de mesures qui, dit-il, “aideront le public à avoir confiance sur le fait que seuls les contenus spécifiés par la légalisation seront bloqués”. Parmi ces mesures : un examen annuel de la liste par un expert indépendant, des voies de recours contre les décisions de classification ou encore la possibilité pour les parties lésées de faire réexaminer les décisions par le Classification Board.
Le ministre a annoncé qu’il n’y aura pas obligation de filtrage avant la fin de cet examen, qui devrait prendre un an. Une législation pourrait elle voir le jour avant la fin de l’année.
“La liste d’url de contenus RC donne un accès direct à du matériel relatif à des abus d’enfants. Elle ne peut être pas publiée comme une liste de titres de livres ou de films interdits peut l’être” a enfin declaré le sénateur Conroy. Faisant référence à la fuite, en mai 2009 sur WikiLeaks de la liste noire de l’ACMA, qui révélait que seules 32% des url était à caractère pédo-pornographique. Les autres 68% concernaient des sites de poker, YouTube, Wikipedia, et le site d’un dentiste.